KANDAHAR, Afghanistan - Un militaire canadien a été formellement accusé par les autorités canadiennes du meurtre au deuxième degré d'un présumé combattant taliban dans la province de Helmand, en Afghanistan.
Le capitaine Robert Semrau est soupçonné d'avoir ouvert le feu "avec l'intention de tuer" un insurgé qui n'était pas armé. L'incident serait survenu autour du 19 octobre.
Le militaire était alors impliqué dans la défense de la ville de Lashkar Gah qui était soumise à une attaque talibane. Les affrontements dans cette localité ont fait une centaine de morts chez les talibans, selon les autorités des forces de l'OTAN.
L'accusation contre le capitaine Semrau a été déposée mercredi dernier. Il est soupçonné d'avoir enfreint l'article 130 de la Loi sur la défense nationale et l'article 235(1) du Code criminel.
Au moment de l'incident, Robert Semrau était membre de l'Equipe de liaison et de mentorat opérationnel, dont la responsabilité est d'entraîner l'Armée nationale afghane. M. Semrau était chargé de guider et de conseiller les troupes afghanes. Selon les responsables militaires, il jouait un rôle important de mentor et de modèle.
Il est présentement détenu par la police militaire et sera rapatrié sous peu au Canada, où un juge militaire déterminera s'il doit demeurer en détention. S'il est condamné, il peut faire face à une peine d'emprisonnement de 25 ans.
Selon l'ambassadeur de l'Afghanistan au Canada, Omar Samad, ces allégations ne doivent pas faire ombrage au travail exécuté par les mentors militaires canadiens au cours des dernières années.
"On doit placer cet événement dans son contexte, l'entraînement et le mentorat fournis par les Canadiens ont été jusqu'à date exemplaires, a affirmé M. Samad. Comme dans de nombreuses situations, il y a eu certaines erreurs qui ont été commises et celle-ci est peut-être l'une d'entre elles."
Le commandant de la Force opérationnelle à Kandahar a été mis au courant de ces allégations le 27 décembre dernier et en a informé le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) qui a immédiatement ouvert une enquête.
Le SNEFC explique avoir porté l'accusation après avoir analysé les preuves et interrogé les témoins. L'affaire se poursuit désormais conformément au Code de discipline militaire.
Le SNEFC est une unité indépendante de la police militaire ayant pour mandat d'examiner les questions de nature grave et délicate liées à la propriété de la Défense nationale, aux employés du ministère et au personnel des Forces canadiennes en service au Canada et à l'étranger. Il a été mis sur pied au lendemain du scandale de la Somalie, un chapitre noir de l'histoire militaire canadienne survenu au début des années 90.
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Yolande Taupier
Commentaire mis en ligne le 2 janvier 2009Ce capitaine ne devrait pas être puni car on nous dit que les militaires afghans ne sont pas fiables. On ne peut même pas leur laisser un cellulaire de peur qu'ils avisent l'ennemi des mouvements de troupes.
Et dire qu'on se fie sur eux pour retirer nos troupes....
On en demande beaucoup trop à nos troupes et on devrait leur dire la vérité sur cette MISSION IMPOSSIBLE.