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Le nettoyage de sites toxiques dans le Nord canadien coûtera 583 millions $

Presse Canadienne Article mis en ligne le 21 décembre 2008 à 1:00
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OTTAWA - Le nettoyage de 21 stations radars toxiques du Nord canadien datant de la Guerre froide coûtera plus du double du montant prévu, la facture atteignant maintenant 583 millions $ en raison d'un contrôle insuffisant, selon un vérificateur du ministère de la Défense nationale.
Le démantèlement des sites de réseau de détection lointaine avancée (DEW), qui sont dispersés dans 5000 kilomètres de toundra arctique, se fait dans le cadre d'une des plus importantes initiatives de restauration de l'environnement en Amérique du Nord.
L'opération de nettoyage vise d'abord à éliminer la présence de diphényle polychloré (BPC), un polluant persistant dont l'utilisation était auparavant très répandue. L'utilisation de BPC à des fins commerciales a depuis été interdite, après qu'une étude réalisée au cours des années 1970 eut lié le polluant à des cas de cancer.
Construites dans les années 1950 dans le but de pouvoir prévenir les incursions de bombardiers soviétiques, les stations de réseau de détection lointaine avancée sont rapidement devenues démodées, lorsque la menace nucléaire a vu le jour avec l'arrivée des missiles balistiques intercontinentaux.
Jusqu'à présent, l'équipement de 14 stations a été retiré ou enfoui, dans l'espoir d'empêcher les contaminants de s'insérer dans la chaîne alimentaire arctique. Le nettoyage se poursuit dans six autres stations, mais le coût des opérations a plus que doublé.
Le nettoyage, qui aurait dû prendre fin cette année au coût de 280 millions $, ne sera complété qu'en 2018 et le travail aura coûté 583 millions $.
Des vérificateurs internes au ministère de la Défense nationale (MDN) ont analysé la progression du projet entre le 1er avril 2002 et le 31 mars 2005.
Dans un rapport publié dernièrement, les vérificateurs ont d'abord dénoncé la décision d'accorder en 1996 le contrat de premier entrepreneur à la firme UMA Engineering, de Calgary, sans procéder à un appel d'offres.
Le rapport soulève également des cas de documents manquants, qui auraient dû retracer les fonds accordés au projet. Les sous-traitants chargés de surveiller les sites éloignés auraient pour leur part fait preuve de laxisme, facturant notamment du temps supplémentaire "non identifié".
Les vérificateurs ont enfin plus particulièrement souligné la surveillance inadéquate lors du déplacement d'équipement contaminé.
Ce manque de contrôle "sur le retrait de matériaux potentiellement dangereux aurait pu avoir des répercussions environnementales et financières importantes pour le MDN", conclut le rapport.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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