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Le premier ministre Jean Charest verra le président français Nicolas Sarkozy

Presse Canadienne Article mis en ligne le 16 mai 2008 à 0:00
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Le premier ministre Jean Charest verra le président français Nicolas Sarkozy
Jean Charest à Bordeaux vendredi. ASSOCIATED PRESS/Bob Edme
BORDEAUX, France - Une semaine après la polémique autour de la présence de la gouverneure générale Michaëlle Jean au lancement des fêtes du 400e à La Rochelle, Jean Charest reprend l'initiative.
Arrivé vendredi à Bordeaux pour une visite de quatre jours en France, le premier ministre québécois a annoncé qu'il sera reçu lundi après-midi au Palais de l'Elysée par le président français Nicolas Sarkozy.
La rencontre, qui ne figurait pas au programme de Jean Charest, n'a été confirmée que dans l'après-midi.
"On n'avait pas insisté pour une rencontre", a expliqué M. Charest, en rappelant qu'il avait vu Nicolas Sarkozy, le candidat et le président, à plusieurs reprises ces derniers mois. Rien n'obligeait d'ailleurs le chef de l'Etat français à recevoir cette fois-ci le premier ministre québécois, venu en France pour souligner le 400e anniversaire de Québec et prononcer un discours économique devant la Chambre de commerce de Paris.
A l'évidence, une semaine après avoir proclamé son amour pour le Canada, en Normandie, aux côtés de la gouverneure générale, le président fait un geste envers le Québec. Jean Charest ne s'en étonne pas, lui qui n'a "pas douté un seul instant de l'indéfectible amitié de la France".
Il estime même que la relation "directe et privilégiée" entre la France et le Québec atteindra cette année de "nouveaux sommets" avec le projet d'entente bilatérale sur la reconnaissance des compétences et des diplômes ainsi que les négociations d'un traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne.
Quant à ceux qui se sont inquiétés de voir Nicolas Sarkozy se rapprocher du Canada, Jean Charest les accuse "d'infantiliser" les relations France-Québec en prétendant que l'amitié que le Québec entretient avec la France est "exclusive".
"A mes yeux, les souverainistes instrumentalisent la relation avec la France", a accusé le premier ministre à l'issue d'un premier entretien avec son ami Alain Juppé, le maire de Bordeaux.
"Les souverainistes confondent leur objectif d'indépendance du Québec avec les intérêts du Québec. C'est de ça dont on a été témoin. C'est une relation mature que nous avons maintenant avec la France. Elle n'est pas à l'exclusion de quiconque", a-t-il ajouté.
Quant à l'ancien premier ministre Juppé, qui a passé un an au Québec, il s'est bien gardé de se prononcer sur un éventuel "glissement" dans le discours de la France à l'endroit du Canada et du Québec, que l'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait laissé entrevoir en révélant que Nicolas Sarkozy était "contre le ni-ni" (non-ingérence, non-indifférence).
"Je ne veux pas me mêler de ce débat", a dit M. Juppé, tout en soulignant que "la France a le coeur suffisamment grand pour avoir plusieurs amis".
Le sien, toutefois, penche résolument pour le Québec.
"Le Canada est un pays ami avec lequel nous avons intérêt à avoir des liens extrêmement étroits, mais pour moi les Québécois sont un peu plus que des amis, ce sont des frères. J'aime le Canada, mais j'ai un petit faible pour le Québec", a-t-il déclaré, en paraphrasant le président Sarkozy.
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