BAGDAD - Un traducteur irako-canadien a été condamné à cinq mois de prison par un tribunal militaire américain après un incident violent survenu en février dernier. Il s'agissait d'une première poursuite militaire américaine contre un civil depuis la guerre du Vietnam.
Alaa (Alex) Mohammad Ali a plaidé coupable dimanche à des accusations d'entrave à la justice, d'avoir pris le couteau d'un militaire américain et d'avoir menti aux enquêteurs. Il avait aussi été accusé de voies de fait pour avoir soi-disant poignardé un autre sous-traitant à quatre reprises lors d'une bagarre, le 23 février, sur une base militaire située à 140 kilomètres de Bagdad. Cette accusation a toutefois été abandonnée lorsqu'il a plaidé coupable pour les délits moins graves.
Il s'agissait du premier procès depuis l'amendement, en 2006, du "Uniformed Code of Military Justice", qui permet de traduire devant un tribunal militaire des civils travaillant en zone de combat. Un échappatoire dans la loi rendait auparavant difficile la poursuite de tels individus lorsqu'ils oeuvraient dans des conflits n'ayant pas été déclarés états de guerre par le Congrès.
Plus de 160 000 sous-traitants travaillent en Irak et quelque 36 000 en Afghanistan. Certains s'occupent de fournir de l'eau et de la nourriture tandis que d'autres assurent la sécurité ou travaillent à la collecte de renseignements.
Ces travailleurs se trouvaient dans une zone grise, parce qu'ils ont été exemptés de poursuites en Irak en 2004, tandis que leur situation auprès de la justice américaine demeurait nébuleuse.
Pendant la guerre du Vietnam, plusieurs civils travaillant pour les forces armées américaines ont été accusés pour avoir enfreint la loi militaire. Il y a eu de nombreuses condamnations, qui ont toutes été annulées par la Cour suprême.
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