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Une étudiante canadienne a été violée dans un boisé de Calais

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 août 2008 à 23:00
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BOULOGNE-SUR-MER, France - Munie de traces d'empreintes digitales et d'ADN, ainsi que d'un portrait-robot, la police française était à la recherche vendredi de l'auteur du viol mardi soir d'une étudiante canadienne dans la zone boisée proche du port de Calais surnommée "la jungle" et fréquentée par des clandestins cherchant à gagner la Grande-Bretagne.
La victime, âgée de 31 ans, est une ressortissante canadienne anglophone, étudiante en journalisme à Londres. Elle était arrivée le 24 août à Calais pour effectuer un reportage photo sur les migrants qui, par centaines, tentent de rejoindre la Grande-Bretagne en embarquant clandestinement à bord d'un des nombreux traversiers assurant quotidiennement la navette entre Calais et Douvres.
Mardi vers 19 h 30, la jeune femme était en train de prendre des photos de migrants dans la "jungle" lorsqu'un homme lui a proposé d'aller voir d'autres abris, un peu plus loin.
"Le viol a été commis dans une de ces cabanes", a confirmé le vice-procureur de Boulogne-sur-Mer, Philippe Muller, "et elle n'a pu s'échapper qu'après, en profitant d'un instant d'inattention de son agresseur, lorsqu'un migrant s'est approché de la cabane et s'est adressé à lui. Le tout s'est déroulé en environ une demi-heure".
Pourtant, "une équipe de police municipale l'avait croisée et lui avait dit qu'il fallait qu'elle fasse attention et dans ces conditions, elle avait été avertie. Elle avait été avertie également par des migrants qui lui avaient dit qu'il ne fallait pas qu'elle reste là", a noté le magistrat.
La jeune femme s'est immédiatement rendue aux services de police de la ville. D'importants moyens ont alors été mis en place pour retrouver l'agresseur. "La section locale de la police judiciaire de Lille, la Police aux frontières, les CRS ainsi que la police de Calais ont interrogé plus d'une centaine de migrants (...) afin de recueillir un maximum d'informations sur l'agresseur", a poursuivi M. Muller. "Nous disposons d'un portrait-robot établi à partir de la description apportée par la victime ainsi que celle d'un autre migrant qui l'a vue partir avec le suspect", a-t-il précisé.
Alors que les enquêteurs évoquent un suspect de type "moyen-oriental", qui "ressemble à un migrant et parle français", le parquet, qui privilégie "à 90%" la piste des migrants, n'exclut toutefois pas que le violeur puisse être un ressortissant français.
"Il s'agit de toute façon d'un crime crapuleux de droit commun et il ne convient pas de stigmatiser les migrants dans leur ensemble, qui n'ont rien à voir dans cette histoire", a averti M. Muller.
"Il n'y a aucune tension particulière entre les migrants et les habitants de Calais, ni de problème de violence", a insisté Jean-Claude Lenoir, responsable de C-Sûr, un collectif d'associations locales qui vient en aide aux clandestins.
L'étudiante canadienne, qui souhaite garder l'anonymat, se trouve toujours à Calais pour les besoins de l'enquête, mais "elle devrait rentrer très rapidement à Londres", a fait savoir le parquet.
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