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Dion propose de taxer la pollution tout en baissant les impôts des contribuables

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 juin 2008 à 0:00
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Dion propose de taxer la pollution tout en baissant les impôts des contribuables
Le chef libéral Stéphane Dion dévoile sa stratégie environnementale en Ottawa, le 19 juin, 2008. LA PRESSE CANADIENNE/Tom Hanson
OTTAWA - Le plan vert dévoilé jeudi par Stéphane Dion s'attarde plus longtemps sur des mesures fiscales que sur des mesures environnementales, mais le chef libéral soutient que c'est la voie de l'avenir afin de pousser les consommateurs à faire des choix plus écologiques.
Le "Tournant vert" des libéraux propose d'imposer un prix aux émissions de carbone dans le but de faire payer les pollueurs, ce qui aurait pour conséquence directe de faire augmenter le prix des combustibles fossiles, grands responsables du réchauffement climatique.
Ainsi, chaque tonne de carbone coûterait 10 $ à son émetteur la première année, pour grimper graduellement jusqu'à atteindre 40 $ après quatre ans. Le but ultime est de pousser les entreprises et les particuliers à consommer moins d'énergie polluante et donc, à produire moins de gaz à effet de serre.
Mais pour éviter que les citoyens écopent puisque les pollueurs refileraient sans aucun doute la facture aux consommateurs, un gouvernement libéral sous Stéphane Dion mettrait en place une vaste réforme fiscale comprenant des réductions d'impôts et des mesures pour atténuer les effets de la hausse des coûts de l'énergie sur le portefeuille des contribuables.
A une époque où l'économie s'essouffle, où le prix de l'essence explose, M. Dion fait le pari que les Canadiens n'y verront pas une simple taxe, comme ses adversaires tentent de la dépeindre, mais plutôt comme un moyen nécessaire pour forcer les entreprises et les citoyens à revoir leurs habitudes de consommation.
C'est ce qu'il fera valoir tout l'été, espérant convaincre les Canadiens qu'il s'agit d'une "bonne idée" pour la "planète et pour l'avenir". Il s'agit de tout un défi pour M. Dion qui, peu importe l'accueil que la population réservera à son plan, aura à le défendre lors de la prochaine campagne électorale qui pourrait se dérouler aussi vite qu'à l'automne.
"C'est la meilleure façon pour le Canada de jouer son rôle de bon citoyen du monde dans la lutte aux changements climatiques", a noté M. Dion dans un discours aux accents de campagne électorale prononcé devant des députés et du personnel libéral.
Le chef libéral ne nie pas que son plan aurait un effet sur les coûts du mazout, du diesel, du propane, du carburant à avion, du gaz naturel et du charbon. L'essence serait cependant exemptée de la taxe.
Selon les évalutions des libéraux, une famille moyenne qui chauffe au mazout verrait sa facture de chauffage augmenter de 203 $ par année, à la quatrième année. Pour une famille qui chauffe au gaz naturel, la facture serait de 228 à 266 $ de plus par année.
Tout plan de lutte aux changements climatiques exerce des pressions à la hausse sur le prix de l'énergie mais, contrairement aux autres partis politiques, le plan libéral est "le seul à prévoir des baisses d'impôts" pour aider la population à s'adapter, a fait valoir M. Dion.
"Notre plan va être bon pour l'écologie et pour l'économie. Bon pour notre planète et pour votre portefeuille", a-t-il soutenu.
Ce n'est pas du tout ce que prétendent ses opposants politiques, qui ont attaqué avec virulence le plan, donnant du coup un aperçu du ton que pourrait prendre la prochaine campagne électorale.
"C'est un plan qui ne ferait rien pour réduire les gaz à effet de serre et qui créerait une bureaucratie monstre", a dénoncé le député néo-démocrate Thomas Mulcair, ancien ministre québécois de l'Environnement.
Le premier ministre Stephen Harper n'a pas mâché ses mots lui non plus. En point de presse à Huntsville, en Ontario, il a qualifié le plan de "fou", autant au plan fiscal qu'environnemental.
Placé devant cette critique, M. Dion a fait appel à un argument qu'on entend plutôt rarement dans l'arène politique. "Celui qui le dit, celui qui l'est", a-t-il lâché, en conférence de presse, se disant irrité par les arguments de "bas niveau" que brandissent les conservateurs.
Depuis des semaines, les conservateurs attaquent le chef libéral et son plan, alors que les détails n'étaient pas encore connus. Ils l'ont dépeint comme un politicien ne cherchant qu'à créer une nouvelle taxe qui aurait comme conséquence de faire grimper les coûts de tous les produits de consommation.
Jeudi, M. Dion s'est défendu de proposer une taxe sur le carbone, dans sa plus simple expression.
"Ce n'est pas une taxe, c'est un plan de réforme du régime fiscal qui prévoit des baisses d'impôts", a-t-il insisté, soulignant que si le plan devrait générer 15 milliards $ en revenus, cet argent serait totalement réinvesti en réductions d'impôts.
De façon générale, les environnementalistes ont bien accueilli la proposition libérale d'une taxe sur le carbone. Greenpeace, bien que d'accord sur le principe, croit tout de même que le plan aurait gagné en augmentant le prix par tonne de carbone et en utilisant les revenus pour financer des programmes d'aide à l'économie d'énergie.
En résumé, le plan propose:
-de taxer les émissions de carbone de 10 $ la tonne la première année, pour atteindre 40 $ après quatre ans. Le charbon, le diesel, le mazout, le gaz naturel et le carburant à avion seraient taxés, l'essence serait exemptée;
En contrepartie, un gouvernement libéral concèderait entre autres:
-des baisses d'impôts pour les particuliers, faisant passer de 15 à 13 pour cent le taux d'imposition le plus bas; et les taux moyens de 22 à 21 pour cent et de 26 à 25 pour cent;
-une nouvelle prestation fiscale pour enfant de 350 $ par année, par enfant;
-une aide supplémentaire pour les citoyens dans les régions rurales et nordiques;
-une réduction d'un pour cent sur l'impôt des sociétés;
-une baisse supplémentaire d'un pour cent des impôts des petites entreprises.
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