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Les controverses ont dominé la session mais Harper a gagné quelques manches

Presse Canadienne Article mis en ligne le 19 juin 2008 à 23:00
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OTTAWA - Entre les controverses qui ont retenu l'attention publique et ébranlé, plus ou moins selon le cas, le gouvernement de Stephen Harper depuis janvier dernier, les conservateurs auront réussi à faire adopter sans trop de problèmes une série de mesures.
Malgr é un menu législatif léger, où les projets de loi les plus controversés sont demeurés bien loin des débats aux Communes, le gouvernement minoritaire Harper a pu imposer sa vision dans bien des domaines, de l'immigration à l'environnement, en passant par la justice criminelle.
Reste que les conservateurs prennent la route des vacances estivales à un moment où leur vernis perd de son lustre d'il y a deux ans. Aux prises avec diverses controverses, le gouvernement conservateur peine depuis des mois à reprendre le contrôle des sujets qui animent la colline parlementaire.
Il y a d'abord eu des allégations d'ingérence à l'endroit de Dimitri Soudas, l'attaché de presse et conseiller du Québec pour le premier ministre, qu'on soupçonnait d'avoir voulu influencer un litige devant les tribunaux.
Puis, les conservateurs ont dû faire face à des révélations dans une biographie de Chuck Cadman voulant qu'ils aient tenté d'acheter le vote de ce député, en 2005.
Cette affaire ne s'était pas calmée que le gouvernement se retrouvait empêtré dans une fuite diplomatique sur la position du candidat démocrate Barack Obama sur l'accord de libre-échange, une fuite qui a nui à sa campagne.
Pendant des semaines, les conservateurs ont aussi tenté d'expliquer leur stratagème de transfert de fonds, lors de la dernière élection, une tactique qui leur a valu une perquisition d'Elections Canada et de la Gendarmerie royale du Canada dans les locaux du parti.
Et comme si ce n'était pas assez, tout cela s'est fait détrôné par le départ de Maxime Bernier au poste de ministre des Affaires étrangères, après une série de gaffes mais surtout sa fréquentation de Julie Couillard, qui soulève des questions de sécurité nationale.
Mais se contenter de ces controverses pour décrire la session qui s'est terminée vendredi serait se livrer à un exercice trop restreint.
Malgr é son statut de gouvernement minoritaire, le gouvernement Harper aura réussi à faire adopter son budget; à obtenir l'appui de la majorité aux Communes pour étirer la mission du Canada en Afghanistan jusqu'en 2011; et à réformer la politique d'immigration. Et c'est sans compter que les conservateurs ont résisté et ont conservé leur approche si critiquée en matière de lutte aux changements climatiques.
"Je crois qu'il s'agit d'une bonne performance, peu importe les circonstances, soulignait jeudi le premier ministre Harper, lors d'un point de presse. C'est une meilleure performance quand on sait qu'il s'agit d'un Parlement minoritaire, et c'est encore mieux quand on réalise que tous les partis d'opposition refusaient de donner leur accord mais nous avons réussi à faire adopter toutes ces mesures quand même."
En parallèle, le gouvernement a aussi réalisé d'autres choses qui sont passées un peu plus inaperçues mais dont l'impact demeure important. Ainsi, il a maintenu son projet de réforme du Sénat et a continué à durcir l'approche du gouvernement fédéral en matière de justice criminelle.
C'est également lors de cette session que son intention de retirer les crédits d'impôts pour les films qui ne respecteraient pas "l'ordre public" a fait les manchettes.
Pour les partis d'opposition, les derniers mois ont forcé le gouvernement conservateur à dévoiler un peu plus sa vraie nature.
"Je pense que les gens commencent à réaliser qui ils (les conservateurs) sont: Des gens qui veulent nous dire quel film voir, quelle brochure lire, quels juges doivent nous juger en fonction de leur idéologie, un enlignement sur les États-Unis en politique étrangère, un mépris total de l'environnement", a énuméré le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.
Le libéral Denis Coderre croit lui aussi que c'est le "vrai visage" des conservateurs qui a émergé pendant cette session.
"Je pense que les Canadiens et les Québécois n'ont pas nécessairement aimé ce qu'ils ont vu", a fait valoir le député de Bourassa.
Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), le chef Jack Layton se désole de voir que le gouvernement Harper soit encore au pouvoir plus de deux ans après son élection, et il rejette la faute sur le Parti libéral qui s'est absenté à de multiples reprises lors de votes cruciaux sur des questions de confiance, pour éviter des élections.
"Ce qui était triste, c'est l'absence de l'Opposition officielle. A plus de 40 reprises, lors de motions de confiance, ils n'étaient pas là comme il faut alors c'était à nous de prendre les responsabilités d'une opposition et de se tenir debout", a souligné M. Layton.
Les travaux parlementaires devraient reprendre le 15 septembre prochain.
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