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Accommodement raisonnable: Dumont redoute un rapport teinté d'à-plat-ventrisme

Presse Canadienne Article mis en ligne le 20 mai 2008 à 0:00
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QUEBEC - A son tour, Mario Dumont exige le dépôt immédiat du rapport de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables, redoutant qu'il soit teinté "d'à-plat-ventrisme" envers les minorités.
Les informations qui ont filtré jusqu'à présent dans quelques journaux suscitent l'inquiétude du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), en particulier le chapitre du rapport qui appelle les Québécois à s'ouvrir davantage aux minorités.
Persuadé que les Québécois forment déjà une société ouverte et accueillante, le leader de l'ADQ flaire dans cet énoncé des relents d'à-plat-ventrisme.
"La notion d'ouverture est très forte, très présente naturellement chez les Québécois. Les Québécois sont un peuple extrêmement ouvert. C'est bien, on ne peut jamais au fond l'être trop. Là où il faut être capable de tracer la ligne, c'est entre l'ouverture d'esprit et l'à-plat-ventrisme", a fait valoir mardi le chef de l'opposition officielle.
Le long mandat de la commission - 5 millions $ de dépenses pour un an de travaux - aura été complètement inutile si jamais son rapport conclut que le problème des accommodements raisonnables "est dans la tête de la majorité", a soutenu M. Dumont en point de presse.
"Si la conclusion du rapport, c'est qu'il n'y avait pas de problème, puis que le problème est dans la tête de la majorité, c'est évident que ça aurait été une immense année de perte de temps, ça aura été une immense année gaspillée", a-t-il dit.
M. Dumont se dit convaincu que le cri d'alarme qu'il a lancé en novembre 2006 et qui a mené à la création de la commission par le gouvernement Charest était parfaitement justifié.
En ce sens, il souhaite que le rapport trace une ligne très nette entre l'ouverture nécessaire de la société d'accueil et les limites que doivent respecter les groupes minoritaires culturels et religieux.
A l'instar de la chef du Parti québécois, Pauline Marois, le leader adéquiste a exhorté le gouvernement à rendre public le document immédiatement, plutôt que d'attendre à la date prévue jeudi prochain.
Il faut, a-t-il dit, mettre fin au "striptease" du rapport de la commission dans les pages de certains quotidiens de la métropole.
"Les membres du gouvernement, les membres du conseil des ministres sont muets comme des carpes et c'est les seuls à avoir pris connaissance du rapport. Tout le reste de la société québécoise, tout le monde qui n'ont pas vu le rapport en parlent. Alors, il faut que ça arrête", a martelé M. Dumont.
Ce dernier, tout comme sa vis-à-vis du PQ, soupçonne du reste le cabinet du premier ministre d'avoir lui-même orchestré la fuite d'informations sur le rapport.
"Le rapport est publié morceau par morceau comme un striptease pendant que le premier ministre est de l'autre côté de l'Atlantique. On ne connaît jamais l'origine d'une chose comme celle-là, mais, si le gouvernement avait voulu créer des conditions pour ne pas agir, pour enterrer un rapport, il n'aurait pas pu agir autrement", a-t-il argué.
Quant à elle, Mme Marois a de nouveau dénoncé mardi le changement de vocabulaire suggéré par les présidents de la commission Gérard Bouchard et Charles Taylor. S'il faut en croire les fuites, le rapport recommandera l'abandon de la formule "Québécois de souche" pour la remplacer par "Québécois d'origine canadienne-française".
"J'ose croire que ce qu'on entend ne se retrouvera pas dans le rapport car cela tourne à la caricature", a dit la chef du PQ.
La veille, elle avait tourné en dérision le changement de lexique proposé par la commission, y voyant un rapprochement avec Elvis Gratton, ce personnage colonisé et ultra-fédéraliste créé par le cinéaste Pierre Falardeau qui se définissait comme un "Américain du nord francophone canadien-français".
A l'Assemblée nationale, le leader parlementaire du gouvernement Jean-Marc Fournier a pris à la légère les hauts cris de l'opposition et refusé net de devancer la publication du rapport.
Dès jeudi, péquistes et adéquistes auront réponses à leurs questions, a-t-il dit.
"Dans moins de deux dodos, on va savoir si Elvis Gratton se cache dans le rapport. Attendons 48 heures", a fait valoir M. Fournier.
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