La vocation du parc Saint-Jean-Baptiste toujours inconnue
« Je suis très surpris », Sylvain Martin, président de l'ABAPAT
À la surprise de bien des gens présents au dernier conseil d'arrondissement tenu le 1er mai, la vocation du parc Saint-Jean-Baptiste n'a pas changé. L'Association de soccer de Pointe-aux-Trembles (ASPAT) croyait obtenir l'accord pour le début des rénovations du terrain de baseball, mais la décision a été reportée.
En effet, les membres du conseil ont voté à quatre contre deux pour le report de la décision (Joseph Di Pietro était absent du vote), invoquant un manque de chiffres dans ce dossier, sans compter la présence d'une alternative.
« Le soccer nous a présenté ses chiffres incluant ses pratiques, alors que le baseball ne comprenait pas ses horaires d'entraînement. Je ne suis pas prête à investir 100 000 $ dans un projet sans avoir les informations exactes. C'est quand même la moitié du prix d'une maison! », s'exclame Suzanne Décarie, conseillère municipale.
Quant au maire d'arrondissement, Cosmo Maciocia, transformer le parc Saint-Jean-Baptiste en un terrain pour 11 joueurs est une nécessité. « Il y existe une problématique aiguë au niveau de la quantité des terrains de soccer à Pointe-aux-Trembles. L'association de soccer ne pourra pas jouer sans bénéficier de ce parc. Les matchs de baseball pourraient être transférés à Daniel-Johnson, où les lumières seraient ouvertes jusqu'à 23 h », propose-t-il.
« Le baseball n'est pas un sport que j'ai en aversion. Il n'y a simplement pas d'autre solution, estime Michel Jean, président de l'ASPAT. Notre association compte plus de 900 joueurs inscrits cette année. Nous passons de 26 à 33 équipes à 11 joueurs. Je n'ai pas le choix d'obtenir un autre terrain de cette grandeur, et encore là, ça va être juste », ajoute-t-il.
Le report de la décision a néanmoins fait grandement sourire le président de l'Association de baseball amateur de Pointe-aux-Trembles (ABAPAT), Sylvain Martin. « Je suis très surpris de voir que la décision a été reportée. J'avais 99,9 % de chances de perdre le parc, mais pour l'instant, c'est le 0,01 % qui a gagné. J'aurais dû m'acheter un billet de loterie, déclare-t-il. Nous aurons maintenant la chance de nous expliquer davantage devant les élus municipaux. Reste que je suis en accord avec la demande du soccer, mais pas au détriment du baseball. Je sais pertinemment que Michel (Jean) bûche beaucoup actuellement. »
En effet, le président de l'ASPAT n'avait pas le goût de rire lorsqu'il a réalisé que les travaux, s'ils s'entament, ne seraient probablement pas terminés pour la fin du mois de juin. « Je suis décontenancé. D'ici la fin de l'école, je devrai placer des matchs élites à l'horaire pendant la fin de semaine, chose que je n'ai jamais faite. C'est bien beau tenir des parties, mais il faut que mes joueurs pratiquent, affirme Michel Jean. Je n'aurai pas le choix de demander des permis pour tenir des entraînements sur des terrains de balle. Cela dit, j'invite tout le monde à s'inscrire à l'association pour montrer qu'à Pointe-aux-Trembles, on bouge! »
Malgré que ce dossier soit sur la table depuis février dernier, Suzanne Décarie déplore son arrivée tardive. « Les associations sportives devraient se réunir entre eux pour parler de ce genre de situation. Depuis le mois d'août, j'ai même demandé au service des parcs de tenir une réunion. Je n'ai toujours pas eu de réponse », constate-t-elle.
Alternatives lancées
Cependant, la solution se trouve peut-être ailleurs qu'au parc Saint-Jean-Baptiste. « C'est simple, nous manquons d'équipements à Pointe-aux-Trembles. Ce n'est pas en accommodant l'un (ASPAT) au détriment de l'autre (ABAPAT) que nous allons régler nos problèmes. C'est pourquoi je maintiens le statu quo dans ce dossier. La possibilité d'obtenir les droits du parc McLearon serait une alternative qui avantagerait tout le monde », soulève Mme Décarie.
Ce sursis amène un second souffle pour le président de l'ABAPAT, qui propose également plusieurs autres solutions pour remédier à ce « problème inévitable ».
« Nous pourrions modifier le terrain numéro deux du parc Clémentine et en faire un deuxième terrain aux dimensions majeures. Puis, on pourrait peut-être en construire un autre à côté pour les équipes de catégorie atome. Ceci nous permettrait d'accueillir des championnats régionaux et même canadiens. Ainsi, le soccer pourrait prendre toute la place au parc Saint-Jean-Baptiste », présume Sylvain Martin.
« Dans la Pointe-de-l'Île, il y aura aussi quelques endroits pour construire un parc majeur, que ce soit pour le soccer ou le baseball. C'est également possible de bâtir un parc à double fonction, c'est-à-dire un terrain de soccer dans un parc de baseball », souligne M. Martin.
Entre temps, selon Suzanne Décarie, l'acquisition du parc McLearon pour l'ASPAT « représente une des meilleures solutions à court terme. »