Les commissaires de l'Office de consultation publique de Montréal chargés d'étudier le projet de développement du site Contrecoeur ont finalement remis leur rapport. Ce dernier sera déposé à la prochaine séance du conseil de la Ville de Montréal. (Photo : Patrick Deschamps)
Dévoilement du rapport de l'OCPM
Développement du site Contrecoeur
Les recommandations de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sont claires. Pour que le plan de développement du site Contrecoeur soit autorisé, la Ville devrait tenir compte de plusieurs éléments relatifs aux nuisances et aux risques industriels.
Le premier point figurant au rapport des commissaires, rendu public la semaine dernière, est d'ailleurs de taille. Il concerne les vibrations et le bruit causés par l'exploitation de la carrière Lafarge. Les commissaires ont entendu plusieurs doléances à ce sujet durant les consultations publiques. Ils estiment qu'une entente devrait être conclue avec les dirigeants de la carrière pour atténuer davantage les sources de pollution sonore et s'assurer que les limites de niveaux de vibrations dans le sol, déjà établies au permis de l'exploitant, s'appliquent aussi aux bâtiments qui seraient construits sur le site Contrecoeur.
Des négociations sont déjà en cours depuis plusieurs semaines, mais aucun accord n'a encore été entériné. Les discussions se poursuivraient toujours entre les dirigeants et la Société d'habitation de Montréal (SHDM). L'une des options envisagées est de restreindre les opérations de la carrière à un secteur bien défini et plus en retrait des futures résidences.
Dans la localisation des unités d'habitation, les membres de la commission chargée d'étudier le projet recommandent de tenir compte de la zone d'impact de la compagnie Interquisa. L'ensemble du site Contrecoeur devrait être intégré dans la planification des mesures d'urgence en cas d'accident industriel majeur. Un système d'alerte devrait être installé afin d'assurer la sécurité des personnes en cas de sinistre.
Par ailleurs, la construction prévue d'une résidence pour les aînés, à l'intérieur de la zone actuelle d'impact d'Interquisa, devrait être revue. Le projet devrait être localisé à un autre endroit sur le site.
Pour optimiser l'intégration du nouveau quartier à ceux déjà existants, les commissaires sont d'avis que le concept d'aménagement devrait être bonifié, en concertation avec les citoyens et les arrondissements concernés. Cette optimisation passe par l'adoption d'une grille de rues favorisant l'accès au site par le boulevard Contrecoeur et permettant de limiter la circulation de transit.
Une meilleure répartition des unités d'habitation sur le site, à la fois sur le plan des modes d'occupation que des densités de construction, est également souhaitée par les commissaires. L'aménagement de parcs de voisinage et d'équipements collectifs, en particulier de plateaux sportifs, afin de corriger les lacunes du quartier de Mercier-Est à cet égard, contribuerait à une meilleure intégration du projet.
L'arrivée de plus de 4000 nouveaux résidents est une belle occasion d'améliorer l'offre de services de loisirs dans ce secteur de l'arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, croient les commissaires.
De plus, le projet de développement offrirait l'opportunité de véritablement intégrer les liens cyclables et piétonniers entre le site Contrecoeur, le quartier Mercier-Est et les espaces verts localisés ou prévus dans l'arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve et celui d'Anjou, l'arrondissement voisin.
Rappelons que le site Contrecoeur est situé dans l'arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve. Il est délimité par le quadrilatère formé par la rue Sherbrooke au sud, la carrière Lafarge et les limites de Montréal-Est à l'est, les limites de l'arrondissement d'Anjou au nord et par un voisinage résidentiel des rues Jacques-Porlier et Eugène-Achard à l'ouest.
Le concept d'aménagement prévoit la construction de plus de 1600 unités de logement, l'implantation de commerces légers ainsi que l'aménagement d'espaces verts.