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Chauffage au bois: aux citoyens de se prononcer

par Yannick Pinel
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Article mis en ligne le 9 mars 2009 à 14:07
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Chauffage au bois: aux citoyens de se prononcer
Le conseiller d’arrondissement Joseph Di Pietro croit que le projet de règlement visant à interdire l'installation de nouveaux appareils à combustibles solides dans les constructions neuves ou existantes contribuera à l’amélioration de la qualité de l’air dans le secteur au cours des prochains hivers. (Photo: Patrick Deschamps)
Chauffage au bois: aux citoyens de se prononcer
Le conseiller d’arrondissement Joseph Di Pietro espère que ses concitoyens seront nombreux à participer aux séances d’information et de consultation publique concernant le projet de règlement relatif aux appareils à combustibles solides.
Prenant la parole lors de la réunion du conseil d’arrondissement, M. Di Pietro a souligné que les épisodes de smog ont des impacts négatifs sur la santé pulmonaire et la qualité de vie des résidents du secteur. « Les combustibles solides, dont le bois, émettent un volume important de particules fines et d’autres résidus volatils lesquels contribuent de manière importante à l’apparition de smog hivernal. »

L’assemblée publique de consultation aura lieu le jeudi 19 mars, à 19 h, à la salle du conseil de l’hôtel de ville montréalais (275, Notre-Dame Est, métro Champ-de-Mars). Deux autres séances pourraient être ajoutées les 24 et 25 mars (mêmes endroit et heures) si la participation des citoyens et des organismes est grande. Les groupes et individus intéressés à s’exprimer sur ce projet devront s’inscrire 30 minutes avant le début de l’assemblée ou à l’avance, en communiquant avec la Direction du greffe au 514 872-3770 ou à commissions@ville.montreal.qc.ca. Les documents peuvent être consultés dans les bureaux Accès Montréal, dans les bureaux d’arrondissement, à la Direction du greffe ainsi que sur le site www.ville.montreal.qc.ca

M. Di Pietro croit que l’entrée en vigueur de ce règlement serait une bonne chose. Il souligne que « (…) La santé des Montréalais est une priorité pour l’administration municipale ».

L’arrondissement de RDP-PAT arrive en quatrième place quant au nombre d’unités de chauffage au bois, soit 5585 poêles et foyers.
Améliorer la qualité de l’air
L’un des initiateurs du projet de règlement adopté lors de l’assemblée du conseil municipal du 23 février dernier, le conseiller de ville de Saint-Léonard Ouest, Dominic Perri, rappelle que le projet de règlement vise à interdire l'installation d'un appareil à combustibles solides – le bon vieux poêle à bois –, dans une construction neuve ou existante.
Selon lui, il s'agit d'une question de santé publique, plusieurs études, dont une émanant de l'Institut Armand-Frappier en 2007, ayant démontré qu'il y a corrélation entre le chauffage au bois et le cancer du poumon.

Préoccupé par la qualité de l'air, M. Perri juge que les épisodes de smog qui se multiplient chaque hiver commandent une action urgente et concertée de tous les paliers de gouvernement. D'ailleurs, depuis un an, il est interdit à Saint-Léonard d'installer une cheminée dans une résidence neuve.

« Nous sommes rendus à 26 jours de mauvaise qualité de l'air à Montréal, dit-il, lors d'une entrevue tenue le 11 février. C'est un record et la saison froide n'est pas encore terminée. Cette pollution est largement due au chauffage au bois et aux particules fines qui s'en dégagent, des éléments invisibles (de la taille d'un vingtième le diamètre d'un cheveu) qui se retrouvent dans nos poumons, puis dans notre sang. Elles finissent par obstruer les artères, comme le fait le cholestérol. »

Selon l'Office mondial de la santé, on peut tolérer la présence de 25 microgrammes par mètre cube de particules fines sur une période de 24 heures, mais il n'est pas rare qu'à Montréal on mesure la présence dans l'air de 35 microgrammes par mètre cube en trois heures seulement. »

Les personnes les plus vulnérables sont d'ailleurs touchées, comme les aînés, les nourrissons et les enfants, les asthmatiques (15 % de la population à Montréal). Selon Santé Canada, en 2005, 1540 décès prématurés sont survenus à Montréal en raison de la pollution de l'air.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas le secteur des transports qui est à l'origine du plus grand nombre de particules fines polluant l'air de la métropole. Les trois sources, dans l'ordre, sont le chauffage au bois (47 %), l'activité industrielle (33 %) et le transport (17 %). Ce n'est d'ailleurs pas le centre-ville qui est le plus affecté par les particules fines, mais des arrondissements comme Rivière-des-Prairies/Pointe-aux-Trembles, Saint-Léonard, Ahuntsic-Cartierville et Pierrefonds-Roxboro, lesquels comptent d'ailleurs le plus grand nombre d'unités de chauffage au bois.

Sur l'île de Montréal, 2500 résidences disposent d'un poêle à bois comme source principale de chauffage, alors que 82 500, dont 50 550 à Montréal, l'ont adopté comme système d'appoint. À chaque saison froide, les émissions de particules fines font en sorte qu'on ajoute l'équivalent de 3,2 millions de véhicules sur nos routes. D'ailleurs, selon Environnement Canada, un poêle non certifié qui chauffe pendant neuf heures émet suffisamment de particules fines pour atteindre les émissions totales d'un véhicule roulant 18 000 km par année.

« Plus on apprend de choses grâce à la recherche, plus on doit s'adapter, comme on l'a fait par le passé avec les incinérateurs, l'essence au plomb et la cigarette, relate M. Perri. Il y avait de la résistance à l'époque, mais nous sommes quand même parvenus à faire du progrès, et la même chose va arriver dans le dossier du chauffage au bois. J'en suis convaincu. »
Un romantisme polluant
L'ancien enseignant ne cache pas que certains de ses collègues ont tardé à se ranger à ses côtés dans ce combat qui fait déjà rager certains résidents et marchands de poêles à bois.
« Les gens qui ont recours au chauffage au bois doivent savoir que c'est d'abord dangereux pour eux. Les particules fines que crache leur cheminée reviennent par les portes et les fenêtres. Je sais qu'un poêle à bois ou un feu de foyer, c'est relaxant et agréable. C'est même romantique, cela fait partie de nos traditions et de notre culture depuis des générations, mais c'était la même chose auparavant avec la cigarette et la majorité de la population a fini par comprendre le bon sens. Je crois que les gens vont réduire eux-mêmes le chauffage au bois – parce qu'il existe d'autres façons de se chauffer –, et qu'éventuellement, ils vont opter pour le propane ou le gaz, deux moyens beaucoup moins polluants. »

Et les poêles à bois certifiés, qu'on dit moins polluants ? « Ils polluent la moitié moins que les poêles traditionnels, ce qui est encore beaucoup trop. C'est sûr que cela va fâcher certains citoyens, mais il faut faire face à la musique et penser au bien commun. Comme le titre du documentaire d'Al Gore, l'ancien vice-président des États-Unis le dit (Inconvenient Truth), la vérité dérange », juge-t-il.

Pour M. Perri, il s'agit d'un premier pas, car, dit-il, « j'ai compris qu'on ne peut pas arriver au 10e étage sans d'abord passer par le premier, le deuxième et ainsi de suite. Éventuellement, il faudra que le gouvernement du Québec, grand responsable de la santé, mette en place un programme de remplacement des poêles à bois. Ce serait un investissement rentable, parce que les problèmes de santé engendrent d'importants coûts. »

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