La reconstruction des Habitations Séguin, un ensemble de HLM situé sur la rue Forsyth abritant 461 résidents, aura un impact sur la fréquentation scolaire à l'école Ste-Germaine-Cousin. (Photo: Patrick Deschamps)
Inquiétudes à l’école Sainte-Germaine-Cousin
Reconstruction des Habitations Séguin
La rénovation de fond en combles des Habitations Séguin est une source d’incertitudes et d’inquiétudes pour les parents des enfants qui fréquentent Sainte-Germaine-Cousin et pour l’ensemble du personnel de la maison d’enseignement. Ceux-ci craignent une diminution du nombre de classe et de l’encadrement pédagogique découlant d’une baisse du nombre d’écoliers.
Des parents ont fait part de leurs appréhensions à deux reprises au cours des derniers jours : une première fois, lors du conseil d’arrondissement ; une seconde, lors du conseil des commissaire de la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île
Prenant la parole lors de la période de questions des citoyens, Miville Boudreau, commissaire parent, a demandé certaines précisions concernant l’important et le calendrier des travaux. Il a évoqué la possibilité d’utiliser le programme de soutien aux loyers afin que les locataires ne pouvant trouver place dans un autre HLM puissent emménager dans un logement privé relativement près de l’école Sainte-Germaine-Cousin.
Conseil d’arrondissement
Le maire d’arrondissement, Cosmo Maciocia a expliqué que l’importance des travaux font en sorte qu’il était préférable de relocaliser les locataires durant les rénovations.
« Plus de 13 M$ seront dépensés pour remettre à neuf les 190 unités de l’ensemble domiciliaire. Le relogement des premiers locataires devrait débuter vers le 31 décembre 2009. D’ici là, nous faisons tout ce qui est possible pour relocaliser ces familles dans des HLM situées le plus près possible. S’il y a des difficultés nous pourrions nous servir du programme de soutien au loyer », a indiqué l’édile, en rappelant que le chantier durera environ deux ans.
Conseil des commissaires
Le 22 avril , une importance délégation de parents s’est présentée au siège social de la CSPI pour demander aux commissaires d’envisager des moyens extraordinaires pour maintenir le nombre de classes et l’encadrement actuel malgré une possible baisse d’écoliers découlant du transfert des familles dans des logements trop éloignés de Sainte-Germaine-Cousin.
« Notre école est menacée par une perte subite et inopinée de sa clientèle
à cause de la démolition inattendue des HLM Habitations Séguin. (...) Cela va créer durant plusieurs mois, voire quelques années, une baisse substantielle des élèves qui vont être relocalisés plus loin dans la ville, le temps que le tout soit reconstruit. Il y a un moyen de réduire le nombre d'élève des classes touchées
durant ce laps de temps avec une décision spéciale des commissaires », a soutenu Stéphane Gilbert, président du conseil d'établissement de l'école.
D’autres intervenants ont rappelé que l'école est réputée pour son dynamisme et l’implication du personnel et des parents envers la réussite des écoliers. Certaines initiatives pédagogiques ont même été reconnues au niveau international par l’Unesco. Au micro, des personnes ont souligné que la stabilité et l’appartenance à une maison d’enseignement sont des facteurs qui favorisent la persévance scolaire. Une dame a invité la CSPI à faire des représentations auprès de la Ville, de l’Office municipal d’habitation (OMH) et du gouvernement provincial afin d’assurer une stabilité scolaire aux enfants en facilitant le relogement dans les environs ou le transport scolaire entre l’école et leur nouveau lieu de résidence.
Présent à l’assemblée pour un autre sujet, Luc Ferland, président du Syndicat de la Pointe-de-l’île, a rappelé que les conventions collectives fixent un nombre maximum d’élèves par classe mais qu’il n’y a pas de seuil-plancher.
« Ce serait une occasion en or pour tester des classes à effectif réduit et voir si cela aurait des impacts positifs sur la réussite scolaire. Si le nombre d’élèves diminue, c’est évident que la commission scolaire aura un manque à gagner dans cette école mais les commissaires pourraient faire demander une contribution spéciale du ministère de l’Éducation pour soutenir cette initiative », a lancé M. Ferland en mentionnant que la décision de maintenir le même nombre de classes et la taille des effectifs enseignant, professionnel et de soutien est « (...) une décision politique et de gestion du conseil des commissaires ».
Il a ajouté « S’il y a cinq ou six enfants de moins par classe, cela ne représente pas une somme astronomique à financer ».
Le syndicaliste a assuré les parents et les commissaires du soutien du syndicat dans leurs démarches.
Incompréhension et engagement
Dans un premier temps le président de la CSPI, Vincent Arciresi, n’a pas semblé bien comprendre les revendications des parents. Au sortir de la salle, plusieurs parents ont qualifié « d’arrogante » l’attitude de l’élu scolaire. De prime abord, le président de la CSPI a semblé croire que les parents demandaient à la commission scolaire de faire pression sur la Ville afin que les travaux de démolition n’aient pas lieu ce qui n’était nullement le cas.
M. Arciresi a déclaré qu’aucune fermeture d’école n’est prévue jusqu’en 2015. « Sur dix ans, on prévoit même accueillir 2500 élèves de plus pour l’ensemble du territoire de la CSPI. »
Suzanne Décarie, qui cumule les fonctions de commissaire d’école et de conseillère d’arrondissement, a déclaré devant les autres commissaires et les parents que M. Maciocia prévoyait organiser une rencontre avec l’OMH et le conseil d’établissement afin de voir les mesures pouvant être prises afin de bien informer les parents et de minimiser l’impact sur les écoliers et la maison d’enseignement.
« Nous n’avons pas de pouvoir sur la Ville. Toutefois, quand on connaîtra l’ampleur des déplacements d’élèves, je suis prêt à m’asseoir avec tout le monde pour trouver la bonne solution pour vous et vos enfants », a précisé M. Arciresi.
Une fois que les parents eurent terminé de présenter leur point, le président de la CSPI a déclaré : « Présentement, il est impossible de donner une réponse positive ou négative à vos demandes. Cependant, si la nécessité se présente, nous ferons une demande à la ministre de l’Éducation ».