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Lettre à Jean-Marc Desrochers

Article mis en ligne le 23 juin 2009 à 16:29
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Lettre à Jean-Marc Desrochers
Plusieurs mois se sont écoulés depuis que je vous ai envoyé une lettre demandant au ministère des Transports du Québec (MTQ) de procéder à la réalisation d’une étude d’impact sur la santé de la population des quartiers riverains du projet de modernisation de la rue Notre-Dame. J’ai même pris la peine de vous envoyer une copie originale de cette lettre par courrier recommandé à votre bureau de la rue Galt.
Le cabinet de votre ministre, Julie Boulet, m’a transmis par courriel, un accusé de réception me spécifiant qu’elle vous informerait de ma démarche. À date, je n’ai reçu aucune réponse de votre part et vous n’avez même pas eu la décence de m’envoyer un accusé de réception.

Dans ma lettre du 15 décembre 2008, je demandais à votre ministère et à la Ville de Montréal de réaliser une étude d’impact sur la santé (EIS), à la suite d'une recommandation de l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal lors de la dernière consultation publique (janvier 2009). Le mémoire de l’Agence proposait « l’instauration d’un processus d’évaluation des impacts santé potentiels (Health Impact Assessment) en concertation avec les ingénieurs, les urbanistes et les citoyens ».

Je tiens à vous rappeler qu’une EIS est définie comme : « Une combinaison de procédures, méthodes et outils par lesquels une politique, un programme ou un projet peut être jugé quant à ses effets potentiels sur la santé de la population et la distribution de ces effets à l’intérieur de la population ».

Je ne reviendrai pas sur l’ensemble des objectifs et des questions qui pourraient être traités dans le cadre d’une EIS. Cependant, il est bon de rappeler comme argument principal que la santé des populations des quartiers riverains demeure un enjeu crucial dans le dossier de la modernisation de la rue Notre-Dame. À ce sujet, le rapport de la consultation publique sur l’intégration urbaine du projet de modernisation de la rue Notre-Dame rédigé par Convercité est éloquent : « …plus de 25 mémoires soulignent que le transport urbain constitue un enjeu majeur parce que les impacts négatifs sur la santé sont nombreux : morbidité, problèmes cardiorespiratoires, traumatismes, obésité. Ces mémoires déplorent l’augmentation de la capacité routière parce qu’elle favorisera l’utilisation de l’automobile, aggravant ainsi les problèmes de santé publique, notamment des populations déjà lourdement touchées par ces problématiques ».

Au cours des derniers mois, votre Ministre, Madame Julie Boulet, a décidé de retarder le début des travaux sur la rue Notre-Dame à cause de l’explosion des coûts. Pourquoi votre ministère et la ministre n’ont pas profité de cette période de réflexion pour enclencher une EIS en concertation avec les citoyens et les principaux intervenants du milieu ? Grâce à l’EIS, le MTQ aurait en main des informations complémentaires aux autres renseignements soumis à l’attention des autorités, par exemple les analyses économiques ou environnementales. De notre avis, ces données dressant un portrait des répercussions potentielles sur la santé de la population du réaménagement de la rue Notre-Dame pourraient favoriser une prise de décision éclairée de la part du gouvernement québécois.

Nous avons appris également que votre ministère a complété deux études requises par les conditions du décret du 25 septembre 2002 et qu’elles ont été déposées auprès de la Direction des évaluations environnementales du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP). Il s’agit du Programme de suivi des mesures d’apaisement de la circulation et une Étude de l’impact du projet de modernisation de la rue Notre-Dame sur la qualité de l’air. Le MDDEP a demandé à votre ministère de les rendre disponibles. Pourquoi ces deux études n’ont-elles pas été rendues publiques à ce jour?

Finalement, une enquête origine-destination spécifique au quartier Hochelaga-Maisonneuve aurait été accomplie dans le dessein de planifier les mesures d’apaisement, une des mesures d’atténuation qui semble faire l’unanimité auprès des résidents et des différents groupes d’intérêt. À la veille d’une future consultation publique sur l’intégration des mesures d’apaisement (automne 2009), il serait opportun de rendre publique cette analyse auprès de la population de notre quartier. Les citoyens pourraient profiter de la période estivale pour prendre connaissance de ces nouvelles données.

Le comportement du MTQ dans le dossier de la modernisation de la rue Notre-Dame suscite beaucoup de commentaires et d’interrogations. Certains parlent d’une absence totale de transparence et de la culture du silence. D’autres déplorent le manque de volonté du MTQ de collaborer avec les différents intervenants et avec les citoyens. Je souhaite que ces propos ne soient que des légendes urbaines et que dorénavant, le MTQ pratiquera une politique d’ouverture avec les résidents de notre quartier.

Donc, j’espère que votre absence de réponse à la demande de la réalisation d’une étude d’impact sur la santé de la population des quartiers riverains n’est pas due à de la mauvaise foi et ne signifie pas un refus de la part de votre ministère. Je vous laisse encore quelques jours pour me répondre (avant le 1er juillet). Sinon, nous allons explorer d’autres moyens d’intervenir pour obtenir l’accomplissement de cette étude d’impact sur la santé. L’avenir de la santé des enfants de notre quartier dépend de nos actions actuelles.

- Daniel Vanier

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