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Recherche médecin de famille désespérément

La pénurie touche les populations les plus vulnérables

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 12 décembre 2006 à 14:06
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Recherche médecin de famille désespérément
Le Dr Duong fonde beaucoup d'espoir sur la nouvelle cohorte de médecins qui arrivera à Montréal en 2007. (Photo: Régent Gosselin)
Recherche médecin de famille désespérément
La pénurie touche les populations les plus vulnérables
Au cours de la prochaine année, le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) Lucille-Teasdale cherchera à recruter huit médecins supplémentaires. Une goutte d'eau dans l'océan des besoins, mais aussi un vrai défi alors que plusieurs postes sont encore vacants dans les CLSC du territoire.
Sur le territoire du CSSS Lucille-Teasdale, qui englobe Hochelaga-Maisonneuve, Mercier-Ouest et une partie de Rosemont, 34 % des résidants déclarent ne pas avoir de médecin de famille. La pénurie de médecins n'est pas une situation propre à ce secteur, souligne le Dr Hong Huy Duong, directeur des services professionnels au CSSS. «L'accès à la médecine de proximité est un problème criant dans l'ensemble du territoire montréalais, où 37 % des citoyens déclarent ne pas avoir de médecin de famille.»

Tous les Montréalais ne sont cependant pas égaux face à l'accès à la médecine de première ligne. Ainsi, aucun groupe de médecine famille (GMF) ne s'est formé pour l'instant sur le territoire du CSSS. Il faut aller à la pointe est de l'île pour en trouver un. Par contre, sur le Plateau-Mont-Royal, qui relève du CSSS Jeanne-Mance, on en dénombre quatre.

Dans certains quartiers, on a de la difficulté à recruter des médecins. Au CLSC de Rosemont, par exemple, il manque deux omnipraticiens pour compléter l'équipe de sept médecins, dont trois à temps plein. La raison? «Les activités médicales particulières que doivent assurer les médecins, comme des visites à domicile, peuvent être un frein. Si le CLSC n'en a pas, il devient alors plus difficile de recruter des médecins», signale le Dr Duong.
Chasse au médecin
Pour les citoyens, dans ce contexte, la chasse au médecin de famille n'est pas une mince affaire. Selon l'inventaire des cliniques médicales du CSSS Lucille-Teasdale, 8 médecins accepteraient de nouveaux patients sur les 135 en exercice dans Rosemont. Dans Mercier-Ouest, seulement un sur 14. Dans Hochelaga-Maisonneuve, 7 déclarent accepter de nouveaux clients, dont six en clinique sans-rendez-vous.
«Certains médecins qui ont atteint leur quota de clients ne sont pas intéressés à faire de la médecine familiale. Les patients vulnérables demandent beaucoup plus de temps, et les médecins ne sont pas payés davantage», constate le Dr Duong.

Les quelque 171 000 résidants du territoire du CLSC Lucille-Teasdale sont desservis par 156 médecins au sein de 23 cliniques médicales, 7 centres d'hébergement et 3 CLSC. Les dernières années ont vu la création de trois cliniques réseaux, des structures qui regroupent médecins généralistes et spécialistes ainsi que des plateaux techniques (radiographies, prélèvements, etc.). Elles ont pour mandat d'aider les patients à trouver un médecin de famille à partir des listes existantes, mais pas d'obligation en la matière.

«Là où il y a une certaine défavorisation, on retrouve beaucoup de cliniques sans rendez-vous. Or, c'est là qu'on devrait avoir une médecine de famille et de proximité, car souvent les faiblesses ont une base familiale», estime la porte-parole de l'opposition en matière de santé et députée d'Hochelaga-Maisonneuve, Louise Harel. «Une des raisons pour lesquelles les urgences débordent à Montréal, c'est l'échec de la médecine de première ligne.»
Une lueur d'espoir
Pour le Dr Duong, la solution à cette pénurie prend plusieurs formes. Il préconise notamment de développer la prévention. «Pour les patients plus vulnérables, il faut travailler avec les médecins du territoire pour développer la prise en charge par les services sociaux, par exemple les nutritionnistes et les infirmières. On pourra ainsi dégager les médecins afin qu'ils passent plus de temps avec les patients.»
L'omnipraticien, qui exerce depuis une trentaine d'années au Québec, croit par ailleurs qu'un certain nombre de patients ne sont pas prêts pour la médecine de famille, par définition plus lente. «Les gens veulent régler leur problème rapidement, dans l'instant. Nous, nous voulons que les gens prennent leur santé en main pour justement éviter d'avoir à se retrouver d'urgence devant le médecin», indique-t-il.

Le directeur des services professionnels du CSSS Lucille-Teasdale fonde de grands espoirs sur la nouvelle cohorte de médecins qui arrive. Le Département régional de médecine générale prévoit en effet autoriser 90 médecins supplémentaires en 2007 pour Montréal, dont 45 nouveaux diplômés.
Le portrait
Espérance de vie chez les hommes

CLSC Hochelaga-Maisonneuve : 70,4

CLSC Olivier-Guimond : 74,2

CLSC de Rosemont : 74,9

CLSC Mercier Est/Anjou : 75,4

Source: Agence de la santé et des services sociaux de Montréal (1998-2002)

(Photo: Régent Gosselin)

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