Le retour du spectacle Jacques Rougeau à Pointe-aux-Trembles enchante plusieurs amateurs de lutte. Le 16 août prochain, à l'aréna Rodrigue-Gilbert, le Pointelier Michel Émery sera l'un de ceux qui retomberont en enfance.
Partisan de ces combats truqués, l'homme de 56 ans se réjouit d'avoir la chance d'assister à un spectacle de lutte québécoise, lui qui n'en a pas vu depuis près d'une trentaine d'années. Une occasion idéale pour se commémorer des souvenirs d'antan.
« Je me rappelle avoir été quatre ou cinq fois au Forum pour voir la lutte. Je n'avais que 18 ans, dit-il. À cette époque, il y avait une ambiance incroyable. Les bons et les méchants nous présentaient une belle pièce de théâtre, tout en réussissant à nous faire pomper, sourire ou crier! »
Michel Émery se souvient à quel point les amateurs étaient plongés dans l'action, allant même jusqu'à cracher sur les lutteurs. « Nous avions des soirées remplies d'émotions avec les frères Rougeau, Abdullah the Butcher et surtout Eddie Creatchman. C'est ce dernier qui animait la foule en nous provoquant tout le temps. Bref, c'était mon idole », ricane-t-il.
La passion de Michel Émery pour ce sport a toutefois perdu un peu de son lustre au cours des années suivantes. « Les racines de la lutte québécoise se sont perdues au fil des ans. Ce sport s'est beaucoup trop américanisé. Les Québécois se sont dirigés aux États-Unis et le spectacle n'était plus le même. Je les regardais à la télévision, mais je n'avais plus le goût d'aller les voir sur place. »
Aujourd'hui, Michel Émery est heureux d'avoir l'occasion de revivre cette flamme bouillante qui l'animait durant sa jeunesse. Par contre, il ne se fixe aucune attente.
« Avec le temps, je suis devenu un parfait inconnu de la lutte québécoise. C'est pourquoi je suis anxieux de voir comment elle a changé. »
