Que doit-on subir pour réaliser le «rêve canadien»? Voilà une des nombreuses intrigantes questions que se posent de plus en plus de nouveaux arrivants, mais surtout, ceux qui ont immigré et qui vivent au Canada depuis longtemps.
Alors, le «rêve canadien» existe-t-il vraiment? Avec un sourire aux lèvres, Flora, immigrante installée au Canada depuis huit ans, répond à la question: «C’est comme son nom l’indique… c'est un rêve!»
Les personnes qui immigrent dans un pays développé le font car elles veulent voir leur sort s’améliorer. Mais avant tout, il y a une chose qui doit rester claire dans leur tête: l’Eldorado n’existe pas!
Toute personne qui immigre au Canada doit savoir qu’il existe diverses conséquences liées à cette grosse décision d’immigrer. Pour plusieurs, le fait d’être stéréotypé comme «immigrant» est déjà un lourd fardeau à porter.
Les attentes de réussite que se font la plupart des arrivants sont souvent très hautes. Cependant, vaut-il vraiment la peine qu’ils laissent tout ce qu’ils ont pour aménager ici? Laisser leur pays, leur famille, leurs traditions, leurs coutumes et tout le reste?
Car, bien sûr, immigrer rime avec intégrer. Et pour s’intégrer, il faut faire comme les autres. Abandonner (même en totalité) quelques traditions et coutumes qui ont été inculquées depuis la naissance, chose qui n’est pas si facile à faire.
Quitter son pays sans savoir à quoi s’attendre est sans doute une erreur fondamentale… Les gens qui veulent et même ceux qui ont déjà immigré au Canada ont l’idée que c'est un pays de rêve. Un paradis, même! Ils ont peut-être raison, sauf qu’ils ne savent pas que dans ce paradis, la place pour eux est malheureusement limitée.
Arrivé au pays, la première chose qu’un immigrant subit est le choc culturel. Tout, ou presque tout, lui est étranger. Le climat, la diversité des gens, leurs coutumes, la langue et la ville au complet, même, surprennent l’arrivant.
Ces facteurs, ainsi que plusieurs autres, font du nouvel arrivant une personne pas seulement étonné, mais aussi perdue, vulnérable et souvent intimidée. Tout changement brusque survenu chez l’être humain peut l’empêcher d’avancer. Cette fois-ci, compliquant son intégration. Le pire est que s’il n’est pas supporté psychologiquement, le nouvel arrivant peut même plonger dans une dépression.
C’est vrai, l’intégration n’est pas facile. Elle est longue et ardue, mais il faut préciser que les personnes natives du pays n’y sont pour rien. Un bon accueil peut faire une grosse différence et ainsi donner de la confiance aux arrivants encore un peu ébranlés.
Mais quel sort est-il réservé aux immigrants qui sont diplômés universitaires dans leur pays? Ils ne sont pas tout à fait épargnés des difficultés eux non plus.
Par exemple, question d’équivalence, c’est bien malheureux. Souvent, leurs diplômes ne sont pas considérés valables par le gouvernement canadien. Alors, les immigrants diplômés doivent reprendre leurs études.
Déçus, la plupart d’entre eux ne le font pas. Et même s’ils reprennent leurs études, ils ne peuvent pas encore crier victoire, puisque la plupart des employeurs exigent de l’expérience au Canada, ainsi que de faire partie de l’ordre des travailleurs de leur profession. Voilà que pas un seul mais plusieurs facteurs limitent les chances des immigrants de travailler dans leur domaine pour ainsi accomplir le «rêve canadien».
À défaut de chercher un travail à leur niveau, plusieurs diplômées étrangers finissent par travailler dans le télémarketing, comme chauffeur de taxi ou encore dans une manufacture et au salaire minimum. Les autres se tournent péniblement vers l’aide sociale ou le chômage.
Voilà une partie des réalités des immigrants et des nouveaux arrivants. Pendant que ces derniers, récents ou pas, luttent pour atteindre le «rêve canadien», les Canadiens d'origine et ceux qui sont déjà bien intégrés devraient avoir la main sur leur cœur et s’arrêter un moment pour se questionner. Leur voisin d’à-côté a-t-il besoin d’un coup de main?
C’est pourquoi il faut respecter, valoriser et admirer le courage et la force que font preuve, à tous les jours, les gens venus d’ailleurs.
(Jenny Aliaga Chavez)